Kelsey Lenaghan

Avril 2026

Kelsey Lenaghan

  • Collectivité d’origine :
    Je suis une Anishinaabe avec des racines liées à la Première Nation de Pinaymootang. J’ai grandi hors réserve, dans une petite communauté rurale située tout près de Winnipeg.
  • Poste actuel :
    Je suis la directrice adjointe de l’éducation autochtone à la Division scolaire Louis-Riel.
  • Éducation et formation :
    Je suis titulaire d’un baccalauréat ès arts avec une spécialisation en études autochtones et d’un baccalauréat en éducation de l’Université de Brandon. Tout récemment, j’ai obtenu une maîtrise en éducation autochtone fondée sur la terre de l’Université de la Saskatchewan.
  • Rôles et responsabilités :
    Dans mon rôle, j’appuie l’équipe de l’éducation autochtone et je supervise le programme de langues autochtones. Je facilite les activités de perfectionnement professionnel, j’appuie les écoles dans la promotion des initiatives en éducation autochtone et je collabore avec les aînés et les gardiens du savoir qui guident et renforcent notre travail à l’échelle de la division scolaire.
« Le fait d’accueillir les élèves avec bienveillance, et en leur montrant que vous êtes réellement heureux de les voir peuvent les encourager à revenir. »

Quels obstacles avez-vous eu à affronter et comment les avez-vous surmontés?
Ayant grandi comme une des seules élèves des Premières Nations dans une école rurale, le racisme faisait régulièrement partie de mon quotidien. J’ai dû apprendre très tôt à composer avec les commentaires, les blagues et l’exclusion racistes. Sur le plan scolaire, j’ai également éprouvé des difficultés et j’ai eu besoin de soutien additionnel, ce qui a façonné davantage la manière dont les autres me percevaient et la façon dont je me percevais au début.

Qu’est-ce qui ou quelle est la personne qui vous a inspirée à poursuivre la profession que vous exercez maintenant?
Mon enseignante de 4e année Madame Lillebo a changé le cours de ma vie. Malgré les taquineries de la part de mes camarades de classe, tant pour mon identité que pour mes difficultés scolaires, elle m’a encouragée à poursuivre mon rêve de devenir enseignante.  En dehors des heures de classe, elle passait du temps à m’offrir du tutorat à sa table de cuisine et ne me laissait jamais douter de mon potentiel. J’ai encore la carte qu’elle m’a écrite lorsqu’elle prit sa retraite pour m’encourager à ne jamais abandonner mes objectifs. Lorsqu’elle est décédée du cancer quelques années plus tard, je me suis promis d’honorer le temps qu’elle avait investi sur moi en n’abandonnant jamais l’avenir qu’elle croyait que je pouvais atteindre.

Une autre personne qui a joué un rôle essentiel dans ma vie était le directeur de mon école élémentaire, Monsieur Saj. Lorsque j’étais en 6e année, j’avais trouvé le courage de signaler les moqueries racistes que je recevais de mes camarades de classe. Il réagit immédiatement et fermement. Les mesures rapides qu’il avait prises pour lutter contre le racisme m’avaient montré à quoi ressemblent le concept d'allié et le leadership, et ce que les élèves méritent de la part des adultes qui les accompagnent.

Quelles décisions importantes avez-vous prises qui vous ont aidée à être là où vous êtes aujourd'hui?
Il y avait eu de nombreux moments au cours de ma première année d’université où j’avais envisagé d’abandonner, mais je n’avais pas eu le courage d’en parler à mes parents. J’avais décidé de continuer à m’inscrire aux cours jusqu’au moment où j’allais être assez courageuse pour les informer de ma décision. En fait, je n’ai jamais trouvé le courage de le leur dire, et je me suis retrouvée avec mon premier diplôme. Au fond, je crois que je voulais aussi prouver que j’étais capable d’atteindre mes objectifs. Après avoir encore été victime de racisme à l’université, j’avais choisi de changer de spécialisation pour les études autochtones afin de mieux comprendre notre histoire et de sensibiliser les autres.

Message d’encouragement :
Nos paroles et nos actions peuvent avoir un effet important et durable sur les élèves avec qui nous travaillons. Nous ne connaissons pas le contenu du sac à dos invisible que les élèves portent, ni quels défis ils ont dû affronter pour arriver à l’école ce jour-là. Le fait d’accueillir les élèves avec bienveillance, et en leur montrant que vous êtes réellement heureux de les voir peuvent les encourager à revenir.